L'atelier

IKEX est un catalogue de meubles qui n'existe pas, rempli d'objets qui existent vraiment. Les pièces sont assemblées à la main à partir de récup, nommées, référencées, tarifées et décrites avec le sérieux d'une notice — puis photographiées dans des lieux qui n'ont plus de portes.

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Trouver

Rien n'est acheté neuf. Les pièces viennent des brocantes de fin de journée, des greniers vidés, des bennes de chantier et des caisses que personne ne veut plus trier. Une passoire émaillée, un réflecteur de flash au magnésium, un isolateur de ligne télégraphique en verre vert : trois objets qui n'ont rien à faire ensemble et qui n'existent chacun qu'en un exemplaire. C'est cette contrainte qui décide de tout — on ne dessine pas la pièce avant de l'avoir trouvée.

2

Assembler

L'assemblage se fait sans découpe irréversible quand c'est possible : vissé, serré, contrepoids. Un objet reste lisible dans la pièce finie — on doit pouvoir dire « ça, c'était une boîte à café ». Une pièce dont on ne reconnaît plus aucun composant a raté son sujet. Rien n'est reproduit : les matériaux ne le permettraient pas, et le catalogue n'en veut pas.

3

Photographier

Pas de fond blanc, pas de studio. Chaque pièce est emportée dans un lieu abandonné — usine, gare, sanatorium, palais vide — et photographiée là. Le décor n'illustre pas la pièce, il la situe : ces objets viennent d'endroits qui se vident, et la photographie les y ramène. C'est aussi le seul moment où le catalogue devient franchement mensonger, puisqu'il présente comme un mobilier de série ce qui est un exemplaire unique posé dans une ruine.

Ce que le catalogue ne fera jamais

  • Rééditer une pièce. Les matériaux ne le permettent pas et le projet n'y a aucun intérêt.
  • Vendre autre chose que ce qui a été fabriqué ici — pas de produits dérivés, pas d'affiliation, pas de publicité.
  • Reprendre quoi que ce soit de l'enseigne dont il détourne les codes : ni son logo, ni ses visuels, ni son nom. IKEX se moque d'un langage, pas d'une marque.